UNE NOUVELLE INITIATIVE POUR VENIR EN AIDE AUX JEUNES PROCHES AIDANTS

MONTRÉAL — Une nouvelle initiative lancée plus tôt cette année a comme objectif de favoriser le bien-être des jeunes proches aidants tout au long de leur parcours scolaire.

On espère ainsi favoriser la reconnaissance de ces jeunes dans leur rôle d’aidant et les faire participer à la recherche de solutions pour combler leurs besoins d’accommodement.

«On a décidé de mettre l'accent là-dessus parce qu'on se rendait compte (que le jeune) est encore plus invisible que la majorité des personnes proches aidantes», a expliqué Nathalie Déziel, la directrice du Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal (RAANM).

On estime que trois jeunes par classe sont proches aidants au Canada, mais les initiatives en place pour leur venir en aide sont rares en milieu scolaire.

L'initiative s'adresse pour le moment aux jeunes de 16 ans et plus en raison des enjeux juridiques qui touchent le travail avec des enfants plus jeunes, et ce, même si certains témoignages font état de jeunes de seulement six ans qui jouent un rôle de proche aidant.

L'initiative a été mise à l'essai dans six établissements scolaires de la région de Montréal et a déjà permis de rejoindre des centaines de jeunes. La première étape a consisté à offrir une formation au personnel de l'école, et plus spécifiquement au personnel de soutien. Des kiosques ont ensuite été installés au moment de la rentrée scolaire pour discuter de proche aidance avec les jeunes eux-mêmes.

Des groupes de discussion seront maintenant organisés afin de mieux cibler les ressources dont auraient besoin les jeunes proches aidants pour concilier leur rôle d'aidant et leur parcours scolaire.

«On veut vraiment essayer de faciliter leur parcours scolaire pour diminuer le décrochage scolaire, (...) diminuer les impacts sur leur parcours scolaire, a dit Mme Déziel. On veut qu'il y ait des mesures accommodantes avec l'école pour permettre que ces jeunes-là puissent pleinement vivre leur parcours scolaire, malgré qu'ils ont une relation de proche aidance.»

L'objectif, a-t-elle ajouté, est de discuter avec les jeunes «de ce qu'ils vivent et de réfléchir ensemble à ce que l'école pourrait mettre en place pour accommoder le plus possible les personnes proches aidantes selon leur situation. L'idée, c'est que ça vienne d'eux».

Des rencontres avec le personnel enseignant ont d'emblée soulevé quelques pistes. On a ainsi évoqué l'attribution d'un code spécial aux jeunes proches aidants pour permettre de les identifier rapidement; l'enseignant saurait alors qu'un jeune de son groupe a besoin d'un peu plus de latitude dans la remise des travaux, ou encore qu'il a besoin d'avoir son cellulaire sur son bureau en tout temps.

Les mesures mises en place jusqu'à présent ont déjà permis d'identifier certains jeunes proches aidants qui n'avaient pas nécessairement réalisé qu'ils jouaient ce rôle, et donc de les rendre un peu moins «invisibles».

«Dans le fond, c'est une force d'être un jeune proche aidant, a conclu Mme Déziel. Ça outille dans la bienveillance, dans l'empathie, dans prendre soin des autres... Il y a plein de belles choses qui peuvent émerger de ça, mais nous on dit qu'il faudrait un peu outiller (les jeunes), les sensibiliser, les soutenir un peu plus pour permettre que tout ça se développe en pleine émancipation avec leur propre vie.»

Le RAANM a mis en ligne une nouvelle capsule vidéo pour aider les jeunes proches aidants à se reconnaître et s’identifier. La capsule encourage notamment les jeunes à partager leur expérience; elle vise aussi à briser l'isolement et à favoriser l'entraide et l'échange d'informations sur les ressources disponibles dans leur communauté.

La Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec soutient financièrement le RAANM dans la réalisation de ce projet à hauteur de 67 000 $. Cet appui sera dédié aux activités de sensibilisation et à la participation des jeunes au projet.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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